samedi 25 février 2012

Petit résumé concernant les plantes bio-indicatrices

D’après le fascicule "Conditions de levée de dormance des principales plantes
bio-indicatrices" de Gérard Ducerf – Ed Promonature
Les graines sont produites par les plantes spermaphytes c’est-à-dire par l’ensemble des Gymnospermes (= conifères) et des Angiospermes (= plantes à fleurs). Ces graines entrent en dormance et nécessitent des conditions particulières pour germer. Le sol constitue ainsi un énorme réservoir de graines, parfois de très longue durée de vie (+ de 10 ans chez le chardon). Leur levée de dormance dépend ainsi de différents facteurs:
- de la géologie, du climat, de l’hydrologie, de la structure du sol
- de la vie des bactéries du sol, aérobies : qui nécessitent de l’oxygène pour respirer sachant que ces dernières sont responsables de la transformation de la matière organique du sol
                                            ou anaérobies : qui fermentent dans des sols très tassés ou saturés en eau (sols hydromorphes), responsables de la transformation de la roche-mère en terre arable*.
- des pratiques humaines présentes et passées
- de l’environnement végétal
* Chaque fois que l'on bouleverse le sol par un labour trop profond, on ramène sa fertilité au niveau qui existait il y a 400 millions d'années ! 

Ainsi toutes les plantes, à partir d’une abondance significative, sont susceptibles de nous renseigner sur les contraintes passées et présentes enregistrées par le sol.
Gérard Ducerf a initié l’étude des plantes observées sur les parcelles agricoles – c’est-à-dire les « mauvaises herbes » ou « adventices » – en faisant des rapprochements avec leur milieu de vie naturel (le biotope primaire) afin de diagnostiquer l’état du sol, suite notamment à des pratiques agricoles inadéquates.

Voici quelques exemples de plantes bio-indicatrices courantes :

Illustration Eva Deuffic ou
renvoi vers un site
Nom de la plante
Significations au niveau du sol
 
Petite oseille
Rumex acetosela
Carence du sol en argile, il ne peut y avoir de complexe argilo-humique faute d’argile et/ou d’humus

Photo sur Missouriplants

Spergule des champs
Spergula arvensis
Sol pauvre en argile et matière organique causé par le lessivage ou l’érosion


Photo sur Goinfrounet
Mouron blanc
Stellaria media
Sol équilibré, bon complexe-argilo-humique
Pissenlit
Taraxacum officinale
Excès de m. o*. d’origine animale : d’où un excès de N* et K*et début d’anaérobiose qui bloquent certains échanges
Véronique à feuilles de chêne Veronica chamaedrys
Excès de m.o. végétale : provoque des excès de carbone qui fait évoluer le sol vers la forêt en formant un humus archaïque

Photo sur Florealpes
Renoncule rampante Ranunculus repens
Engorgement en eau : hydromorphisme, la m.o. est décomposée par des bactéries anaérobies. Le complexe argilo-humique perd certains éléments qui sont lessivés, oxydés ou réduits (gley à irisations bleues ou orange)


Photo sur Fleur des Champs
Grand plantain
Plantago major
Sol tassé qui produit des anaérobioses par privation d’oxygène
Rumex à feuilles obtuses
Rumex obtusifolius
Anaérobiose complète, sol asphyxié : excès de m.o. +sol tassé +sol engorgé en eau
Légumineuses comme la vesce jarosse
Vicia cracca
Ou la moutarde des champs
Sinapis arvensis
L’élévation de pH ralentit l’activité des bactéries
Oxalis
Climat trop sec et trop chaud gêne l’activité des bactéries
Vérâtre
Veratrum album
Hiver longs et froids gênent l’activité des bactéries
Datura
Datura stramonium
Pollutions agricoles, industrielles ou urbaines qui intoxiquent le sol
Chardon commun
Cirsium arvense
L’asphyxie du sol bloque le P*
Ail des vignes
Allium vineale, A. oleraceum
L’asphyxie du sol bloque le K*
Blette maritime
Beta maritima
Salinisation du sol due aux excès d’engrais et aux excès d’irrigation en période chaude
(*)
m. o : matière organique
N : azote
K : potassium
P : phosphore
Hydromorphisme : anaérobiose totale du sol due aux engorgements en eau
Site de plantes sauvages ICI.


 Bien entendu, pour faire un inventaire précis, il faut l’exécuter en dehors de la période hivernale, avant une fauche, ne pas tenir compte des espèces recouvrant moins de 10% de la surface, attribuer un taux de recouvrement objectif c’est-à-dire correspondant à l’ombre portée au sol (Les taux de 10%, 25%, 50% 75%,100% correspondent à des coefficients de 1 à 5) et tenir compte des nuances d’intensivité à la manifestation des caractères indicateurs selon les évaluations déjà réalisées.


Pour en savoir plus, lire L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales  de Gérard Ducerf Ed. Promonature. Il existe déjà 2 tomes faisant l’inventaire d’un nombre de plantes de plus en plus large


2 commentaires:

  1. En allant sur les différents liens de ton tableau (très intéressant), je me suis étonnée de celui nommé "goinfrounet"... et en cliquant sur le bandeau du site, j'ai découvert un super site de cuisine végétale avec pleins d'idées!! Avis aux cuisiniers et amateurs : actuellement , la première recette est une soupe de Butternut à la stellaire... au mouron !

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  2. C'est vrai que c'est assez joli. Il s'agit d'un bulbe dont le biotope primaire est les pelouses et prairies naturelles alpines, les lisières et clairières forestières, les marécages et forêts marécageuses et dont le biotope secondaire est les prairies agricoles montagneuses (parfois totalement envahies), les bords des routes et les terrains vagues suite à un surpâturage, un compactage des sols, un engorgement du sol. La plante est très toxique. A mon avis, elle risque peu de germer dans ton terrain pauvre et drainant. Avec un bulbe tu aurais plus de chance : mettre beaucoup de fumier, tasser le sol et le noyer en hiver !
    Bonne chance !

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